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Portrait

OpenAI, la start-up devenue la plus chère du monde

Née laboratoire à but non lucratif, l’entreprise de Sam Altman est aujourd’hui valorisée près de 850 milliards de dollars. Anatomie d’une ascension sans précédent.

Par La rédaction · samedi 4 juillet 2026
OpenAI, la start-up devenue la plus chère du monde

En une décennie, OpenAI est passée d’un laboratoire de recherche à but non lucratif à l’entreprise privée la plus chère de la planète. Au printemps 2026, sa valorisation frôlait les 850 milliards de dollars, après la plus grande levée de fonds privée jamais réalisée : 122 milliards de dollars en un seul tour, avec le renfort de Nvidia, Amazon et SoftBank.

Sam Altman
Sam Altman, cofondateur et directeur général d’OpenAI. — Wikimedia Commons

Derrière ces chiffres vertigineux, un produit devenu nom commun : ChatGPT. En moins de trois ans, l’assistant a fait basculer le grand public dans l’ère de l’IA générative et bâti une machine à revenus qui, au printemps 2026, tournait à environ deux milliards de dollars par mois — près de vingt-quatre milliards annualisés.

Environ 2 milliards de dollars de revenus par mois : OpenAI encaisse désormais en un trimestre ce que bien des géants du logiciel mettent une année à générer.

La trajectoire n’a pourtant rien d’un long fleuve tranquille. Fin 2023, son conseil d’administration écarte brutalement Sam Altman, avant de le rappeler cinq jours plus tard sous la pression des salariés et des investisseurs — un psychodrame qui a révélé la tension fondatrice de la maison : concilier une mission d’intérêt général et des besoins de capitaux colossaux.

Car la course coûte une fortune. Entraîner et faire tourner des modèles toujours plus grands exige des puces, de l’énergie et des centres de données à une échelle industrielle. À cela s’ajoutent les procès sur les droits d’auteur, la pression des régulateurs et une concurrence féroce. La question n’est plus de savoir si l’IA générative changera l’économie, mais qui en captera la valeur — et à quel prix pour le reste du monde.

Pour l’Europe, cette domination pose une question de dépendance. C’est précisément le pari d’acteurs comme Mistral AI : prouver que le continent peut jouer sa propre partition.

L’ironie de cette réussite tient à ses origines. OpenAI naît fin 2015 comme un laboratoire à but non lucratif, cofondé notamment par Elon Musk, avec une mission presque messianique : faire en sorte que l’intelligence artificielle « bénéficie à toute l’humanité ». De GPT-1 aux modèles suivants, l’entreprise a d’abord été un centre de recherche discret — jusqu’au lancement de ChatGPT, fin 2022, qui a fait basculer le monde en quelques semaines.

Pour financer cette ambition, il a fallu composer avec le capital. Un partenariat massif avec Microsoft, une structure hybride mêlant intérêt général et profit, une gouvernance mise à l’épreuve : la maison vit une tension permanente entre sa mission affichée et la réalité d’une industrie qui engloutit des milliards en puces et en électricité. Cette contradiction fondatrice — sauver l’humanité tout en levant les plus grosses sommes de l’histoire — reste la clé pour comprendre OpenAI. Et la principale interrogation qui pèse sur son avenir.

Sources : levées de fonds OpenAI 2026 ; estimations de revenus (avril 2026). Photo : Wikimedia Commons.

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